Un industriel du jeu et du jouet à terre !

Le groupe Toys’R’Us a monté sa dette à 6 milliards d’euros depuis son rachat en 2005 par les groupes de capital-risque KKR et Bain Capital, par l’intermédiaire d’un LBO (voir l’article de le Monde) sous couvert de soupçons de détournements de fonds (voir l’article de Mediapart).

Avec la concurrence d’Amazon aux Etats-Unis et de Walmart au Canada, ce fleuron de la distribution de l’industrie du jeu et du jouet nord-américain n’a pas su redresser ses comptes. La conséquence immédiate est la fermeture de l’ensemble de ses magasins américains et anglais, c’est-à-dire plus de mille enseignes. Ceux se situant dans le reste de l’Europe et en Australie risquent de suivre cette vague de fermeture très prochainement.

Peut-être que cet électrochoc économique permettra à nos politiques de se poser la question de ce que doit être le jeu dans nos sociétés. Autrefois produit d’un artisanat spécifique, il a été privatisé par de grands groupes industriels dont le seul objectif est de faire des bénéfices sur les jeux et les jouets. Au delà du drame social pour les employé de ce grand groupe, le résultat est une présence quasi-automatique de plastique dans les jouets vendus et la mise à dispositions d’un petit nombre de jeux de sociétés produits en grande quantité. Pour exemple, les jouets en bois à destinations de nos chères chérubins sont quasiment inexistants dans ces boutiques et le rayon Monopoly occupe toute une allée.

La faillite de cet industriel du monde ludique occidental nous rappelle à quel point une scission existe entre la production de jeux en occident et dans les autres régions du monde. L’industrie occidentale impose ses matériaux, ses règles du jeux et ses normes ludiques alors que dans d’autre régions du monde, la création de jeux fait partie de la culture d’une région faisant la richesse et la diversité des pratiques ludiques mondiales. Normaliser le jeu pour qu’il devienne économiquement rentable ou lui permettre de se développer sous ses différentes formes pour permettre la diversité ludique, tel sera la clé de nos sociétés.

 

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