La relation auteur/éditeur : Les préparatifs (1/4)

Cette série de 4 articles sur la relation auteur/éditeur est tirée d’une conférence qui a été donnée lors du Festival International du Jeu 2017 à Cannes. La conférence a eu lieu le jeudi 23 février 2017 de 15 à 17 heures et  était animée par Mathilde Spriet (éditeur), Alain Rivolet (auteur) et Bruno Cathala (auteur). Dans ce premier des quatre volets, nous nous intéresserons à l’intervention de Bruno Cathala sur les préparatifs à faire avant de montrer son jeu aux éditeurs, c’est-à-dire le test du jeu et l’écriture des règles.

1. Tester le jeu

La première impression que l’on donne à un éditeur est la plus importante et on n’a pas de seconde chance. Quand on présente un jeu qui n’est pas prêt, l’éditeur garde la vision d’un auteur de jeux « non finis », et ce même si on revient des années plus tard avec un jeu fini et bien rôdé. Il est crucial de passer du temps en amont pour bien préparer son jeu.

Il est donc important de se poser plusieurs questions :

  • Mon jeu existe-t-il déjà ?

    Il arrive parfois que le jeu qu’on crée existe déjà sur le marché. Dans ce cas, ce n’est pas la peine de continuer.

  • Quelle est la concurrence ?

    Il faut faire la différence par rapport à la concurrence.

  • Qu’est-ce qui rend mon jeu unique ?

    C’est cette « pépite ludique » qu’il faudra présenter à l’éditeur.

  • Le jeu est-il fluide ou reste-t-il des choses à améliorer ?

    Les défauts doivent être enlevées. L’éditeur tombera dessus quand il testera et mettra le jeu de côté.

  • Ai-je encore envie d’y jouer moi-même ?

    C’est une question fondamentale. Si on est vite lassé, il est fortement probable que les joueurs le soient aussi et que l’éditeur ne le prenne pas.

Il faut bien penser à se faire aider. Plus on multiplie les tests extérieurs, plus on a la chance de vérifier que le jeu n’existe pas et qu’il tourne. Il ne faut pas avoir que les retours des proches, il faut aller vers des gens qui vous diront vraiment ce qu’ils en pensent. Faire un jeu qui fonctionne, c’est facile. Faire un jeu qui dure, auquel on a envie de rejouer, c’est moins évident. Lors du test du jeu, la question la plus important est la suivante : « voulez-vous refaire une partie ? ». C’est très révélateur.

Une fois que le jeu est bien rôdé, on peut passer à l’écriture des règles.

Test d'un jeu

2. Écrire les règles

Dans la relation auteur-éditeur, il faut être capable d’expliquer clairement son jeu que ce soit à l’oral ou à l’écrit. Pour les règles écrites, ça ne sert à rien d’innover. Le plan classique est le suivant :

  • Introduction (story line)

  • Matériel

  • But du jeu

  • Comment jouer (séquence jeu)

  • Fin de partie (condition de victoire)

  • Foire aux questions (si nécessaire).

Les répétitions ne sont pas grave. Au contraire, il ne faut pas hésiter à en utiliser si cela permet de bien se faire comprendre. Pour un même concept ou une même action, il faut utiliser toujours le même verbe. Il faut bien vérifier que les éléments sont catégorisés de la même façon. Si on met « 10 pièces », on utilise toujours « pièces » et pas « or » ou « monnaie ».

Bruno Cathala préfère avoir les règles les plus simples possibles et ensuite mettre les cas particuliers à la fin. Pour simplifier la compréhension des règles, il faut privilégier l’image au texte et mettre des exemples. De plus, si c’est difficile à écrire, ce sera difficile à comprendre. C’est le signe qu’il faut simplifier le jeu. Si on a besoin d’une demi-page pour expliquer un petit « truc », c’est que ce « truc » n’est pas forcément important. Il ne faut pas hésiter pas à modifier une règle lorsque ce genre de chose arrive.

Le jeu est bon quand on peut jouer naturellement. Si les testeurs doivent reprendre la règle lorsqu’ils font une deuxième partie, ce n’est pas bon (surtout pour un party game). Bien sûr, pour un gros jeu, il est logique de regarder un peu la règle. Le bon test est d’écrire la règle, de la donner à quelqu’un et voir s’il s’en sort tout seul.

Vous avez réussi toutes ces étapes ? Parfait ! Vous pouvez alors passer à l’étape suivante : contacter un éditeur.

Les autres articles sur le sujet :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *